Efficacité des vaccins contre les variants, approvisionnement à venir, données rassurantes sur l’intervalle entre les deux doses : Valérie Borde a recensé plusieurs raisons de se réjouir.

Après l’immense espoir suscité par l’approbation des premiers vaccins en décembre, janvier s’est évertué à nous saper le moral. Approvisionnement ralenti, apparition de variants plus contagieux… Mais avouons qu’on rêvait en couleurs en s’imaginant que le virus ne muterait jamais et que des millions de doses de vaccins sortiraient quasi instantanément des usines ! Février nous rappelle à la réalité, avec quand même beaucoup de bonnes nouvelles.

Sur l’efficacité des vaccins

Savez-vous combien de personnes ont été gravement malades ou sont mortes de la COVID-19 parmi les 65 400 cobayes ayant reçu, lors des essais cliniques de phase 3, les vaccins de PfizerModernaAstraZeneca ou encore le Sputnik V mis au point en Russie ? Réponse : trois. Une dans l’essai de Pfizer et deux dans celui d’AstraZeneca. Toutes les autres personnes qui ont contracté la COVID après avoir reçu le vaccin ont eu des formes légères, pour lesquelles elles n’ont pas dû être hospitalisées.

La bonne nouvelle, c’est qu’on a maintenant la preuve qu’au-delà des essais, les vaccins sont vraiment très efficaces. En Israël, une analyse vient de montrer que parmi 416 000 personnes ayant reçu les deux doses du vaccin de Pfizer, 254 ont attrapé le virus, dont 4 seulement ont dû être hospitalisées, toutes pour des formes légères de la maladie. Les vaccins sauvent réellement des vies !

En date du 7 février, 131 millions de personnes ont déjà été vaccinées dans le monde. Pour l’instant, les 11 vaccins autorisés ont une efficacité estimée à au moins 50 %, et jusqu’à 95 % pour les deux vaccins approuvés à ce jour au Canada. Qui aurait parié là-dessus il y a un an ?

Dans le lot des vaccins approuvés, le plus « mauvais » est celui de Sinovac, efficace à 50 % (à 80 % contre les formes graves), qui vient d’être autorisé par le gouvernement chinois. Mais on n’a pas besoin de vaccins efficaces à 100 % pour changer complètement la face de cette pandémie. Il faut bien comprendre ce qu’indique ce pourcentage. Même avec un vaccin efficace à 50 %, vous n’avez pas 50 % de risque de tomber malade si vous êtes vacciné. Ce que le taux d’efficacité signifie, c’est ce que le vaccin apporte comme bénéfice à une population par rapport à l’absence de vaccin. Ainsi, si, dans un groupe de 8 millions de personnes, une maladie frappe 1 000 individus (ce qui se passe grosso modo chaque jour en ce moment au Québec), une efficacité de 50 % indique que dans un groupe de la même taille qui serait entièrement vacciné (on peut rêver), le nombre de gens qui tomberaient malades serait diminué de moitié. Au lieu d’avoir 1 000 cas quotidiennement, on n’en aurait plus que 500. Ce serait déjà un gain appréciable !

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