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Le baptême de Jésus.

todaydécembre 20, 2021 1

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Le baptême de Jean : un baptême de repentance

C’est à l’âge de trente ans que Jésus entre dans son ministère public. Il l’inaugure en recevant le baptême des mains de Jean, surnommé le baptiseur. Quelle était pour Jésus la signification de ce baptême ? Pour le peuple nous savons ce qu’il était : un « baptême de repentance pour la rémission des péchés ». (Luc 3:3). Ce baptême supposait donc chez ceux qui venaient le recevoir un état de péché dont ils avaient conscience. En effet, à la voix du Baptiseur qui conviait à la repentance, les foules accouraient auprès de lui, confessant leurs péchés, et il les baptisait. La voie était ainsi préparée dans les coeurs pour la réception de Celui qui, par la rédemption, ôterait les péchés et la condamnation qui en est la suite. La confession des péchés, sur laquelle le baptême de Jean mettait son sceau, était donc le premier pas des coeurs qui se tournaient vers Lui et qui attendaient de Lui le salut.

Sens du baptême, pour Jésus

Pour Jésus, il n’en était pas ainsi. Il n’avait point de péché ; il n’avait ni à confesser, ni à se repentir. Il n’avait pas besoin de salut, Lui, le Sauveur. Jean le sent et le comprend. Il a reconnu Celui qui vient ainsi se mêler à la foule des repentants. Il sait quelle est sa dignité ; il n’est que son précurseur et il l’avoue avec humilité. Aussi résiste-t-il à la demande de Jésus et dit : « J’ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi ! »

Quelle sublimité dans cette scène, n’est-il pas vrai ? Grandeur inconnue du monde ! Qu’y eut-il, et qu’y aura-t-il jamais sur cette terre de plus grand moralement que ces deux personnes ? Aux yeux des hommes, ce sont deux pauvres Juifs de condition inférieure. Quel rang, quelle place occupent-ils en comparaison des puissants de la terre ? Mais qu’ils sont grands aux yeux de Dieu ! L’un est le plus grand d’entre ceux qui étaient nés de femme, le plus grand prophète qui eût paru ; l’autre est le Fils même du Très-haut. Au refus de Jean, Jésus oppose cette parole qui nous donne la signification de son baptême : « Laisse faire maintenant, car ainsi il nous est convenable d’accomplir toute justice ». Quelle était cette justice ? Celle selon laquelle il a agi durant toute sa vie. Il fait en tout ce qu’il doit faire, ce qui convenait à la place que Dieu Lui avait assignée, place d’humiliation, de soumission, de dépendance ; place aussi où se manifestera la grâce. Encore ici, nous voyons le vrai caractère de son dépouillement, de son abaissement volontaire. Lui qui est sans péché, se place au milieu de ces pauvres pécheurs repentants comme s’il était, l’un d’eux. Venu pour les sauver, il se mêle à eux pour les conduire à ce salut qu’il devait leur acquérir.

Remarquez bien toutefois, qu’il ne s’identifie pas avec eux comme pécheurs ; il ne les unit pas non plus à Lui. Ils ne peuvent Lui être unis qu’après l’oeuvre de la croix. Jusqu’alors, comme nous l’avons vu, il est le grain de pur froment qui demeure seul, à moins qu’il ne meure. Mais Jésus descend où sont ces pécheurs repentants pour les encourager et témoigner qu’il les approuve dans la position d’humiliation qu’ils ont prise devant Dieu. Ils sont pour Lui ceux qui se mettent à part du monde, et ainsi « les excellents » de la terre (Ps. 16:3) — ce que ne pouvaient être ni les orgueilleux pharisiens, ni les incrédules sadducéens. Ils sont les excellents de la terre en qui sont toutes ses délices, parce qu’en se repentant, ils sont dans le chemin de Dieu. Avec qui s’associerait-il sur la terre, si ce n’est avec ceux-là ? Et lorsqu’il commencera à prêcher la bonne nouvelle et à appeler les âmes à Lui, plusieurs de ceux qui avaient été baptisés avec Lui, s’en souviendront et s’attacheront à sa Personne (voyez Jean 1)

« Ainsi », comme l’a dit quelqu’un, « Jésus a pris sa place en justice et en obéissance au milieu des hommes, et plus spécialement au milieu des Juifs repentants » (*). Là, il ne portait pas les péchés ; il n’était pas fait péché ; c’est ce qui a eu lieu à la croix. Mais, dans sa grâce, il se plaçait au milieu de ceux qui répondaient à ce que demandait à l’égard de Dieu leur état de péché, de même que plus tard, sur la croix, pour parfaire son obéissance, il sera la victime pour leurs péchés. Tout cela nous fait voir d’une manière merveilleuse sa perfection comme homme, et nous comprenons comment étant tel, il accomplit toute justice en répondant aux pensées de Dieu. Et dans cette voie, le témoignage de l’approbation de Dieu ne Lui manque pas, et le sépare nettement de ceux au milieu desquels il avait pris place. En même temps, nous voyons les délices que Dieu trouve en cet homme parfait dans l’obéissance. Il est l’Objet unique sur la terre auquel les cieux s’ouvrent, le seul à qui, en suite de son excellence, les cieux puissent être ouverts. « C’est dans cette position d’homme juste, obéissant », dit l’auteur déjà cité, « qu’il est pleinement reconnu du Père comme son Fils bien-aimé, et qu’il est scellé par Lui de l’Esprit Saint ».

(*) J. N. D. Études sur la Parole de Dieu.

 L’Esprit Saint descend sur Lui

Remarquons soigneusement que Jésus est reconnu comme Fils de Dieu, ce qu’il est dans sa relation éternelle. Mais il est aussi Fils de Dieu comme né dans ce monde (Luc 1:35 ; Ps. 2:7), et c’est dans ce dernier caractère, comme homme, qu’il est scellé du Saint-Esprit. « L’Esprit Saint descend sur Lui comme une colombe », et, ajoute Jean, « il demeura sur lui » (Matth. 3:16 ; Jean 1:32). Jésus a donc et conserve la conscience de la présence immédiate de l’Esprit Saint avec Lui, et cette présence est en rapport avec le caractère d’humilité, de douceur et d’obéissance dans lequel le Seigneur a paru ici-bas.

Mais il faut aussi faire attention au fait que ce n’est pas l’Esprit Saint qui, en descendant sur Lui, crée en Jésus le caractère de perfection qui fait les délices du Père. Il avait été conçu du Saint-Esprit ; pas une tache, pas une souillure sur Lui ni en Lui. Il était l’homme parfait, digne que le ciel s’ouvrit sur Lui ; sa relation avec le Père existait déjà, et c’est comme tel que l’Esprit Saint le scelle. Il en est autrement de nous qui ne le recevons qu’en vertu de la rédemption, et après qu’ayant cru au Sauveur, nos coeurs ont été purifiés par la foi (Éph. 1:13 ; Actes 15:8, 9). L’Esprit Saint descend sur Jésus et le remplit (Luc 4:1) ; il ne lui est pas donné par mesure (Jean 3:34). Il le remplit sans que rien en Jésus vienne mettre obstacle à son action ; il n’y a en Lui ni la chair avec ses convoitises, ni le péché. C’est dans la puissance de l’Esprit qu’il agira toujours, sans intermittences, et cela est important à constater comme caractérisant son humanité et le mettant ainsi à part de tous.

Quel homme pouvait être l’objet d’une telle grâce : voir les cieux s’ouvrir sur Lui, être scellé directement de l’Esprit Saint, être déclaré Fils du Père et ses délices ici-bas, sur cette terre souillée par le mal ? Ce ne pouvait être, n’est-il pas vrai, que Celui qui, Fils éternel de Dieu, était venu comme homme ici-bas pour glorifier Dieu et nous sauver. Serait-ce seulement à ce moment de sa vie que Jésus a eu conscience de sa relation avec Dieu ? Non ; le récit de Luc 2, nous fait voir qu’adolescent, il en avait pleinement conscience et jouissait d’une communion intime avec son Père. Mais nous avons, à son baptême, la déclaration publique de cette relation qui le mettait à part de ceux au milieu desquels il s’était placé en grâce. Son baptême scellait sa relation déjà existante avec le Père.

Le baptême de Jésus nous fait donc voir, d’une part, le caractère d’humilité et de tendre condescendance dans lequel il venait au milieu des hommes ; secondement, le caractère sous lequel Dieu, le Père, le reconnaît, et enfin la puissance dans laquelle comme homme il va accomplir sa mission de Messie, de serviteur et de prophète, comme Fils de l’homme plein de grâce, souffrant et mourant pour nous, mais toujours le Fils de Dieu qui est dans le sein du Père.

Combien tout nous parle de sa perfection humaine ! Quelles délices devait répandre dans son coeur la voix divine le déclarant Fils bien-aimé en qui le Père trouvait son plaisir, et cela au moment où il allait se trouver aux prises avec l’ennemi et commencer sa douloureuse carrière ! Quelle confiance absolue, sans réserve, dans ce coeur d’homme parfait ; quelle joie intime et profonde dans la communion non interrompue avec son Père, et quelle force il y puisait pour accomplir sa mission et glorifier Dieu ! (voyez Ps. 16).

La tentation

Nous sommes maintenant amenés à contempler la seconde scène qui précède l’entrée de Jésus dans son ministère : celle de la tentation. Et ici remarquez, mon cher ami, comme les voies de Dieu sont bien ordonnées. La tentation ne vient pas la première en sorte que, l’ayant surmontée, on eût pu dire de Jésus qu’il s’était montré digne d’être reconnu Fils de Dieu, après s’être élevé de l’innocence à la sainteté, ainsi qu’on l’a avancé. Non ; Jésus est d’abord proclamé Fils de Dieu par la voix du Père, Lui, l’homme parfait, et c’est dans la conscience de ce qu’il est, et plein de l’Esprit, qu’il est mené ou poussé par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable.

Réalité de la tentation

Nous n’avons pas à soulever le moindre doute quant à la réalité de la tentation. Les récits des évangiles la retracent comme une suite de faits positifs. Nous n’avons pas à nous demander sous quelle forme l’ennemi se présente à Jésus. Recevons simplement ce que la parole de Dieu nous dit à l’égard de cette scène solennelle où le Fils de l’homme et Satan se trouvent en présence. On ne peut manquer de remarquer la similitude de ce qui a lieu dans cette occasion avec ce qui se passa en Éden, bien que les circonstances diffèrent, ainsi que le caractère de Celui qui est tenté et le résultat de l’effort de l’ennemi. Ici, c’est le désert où l’action se passe, et non le jardin de délices où le premier homme innocent se trouvait entouré de toutes les bénédictions. C’est le désert avec ses privations et l’horreur de sa solitude. Mais Celui qui y a été conduit est le second Homme, l’homme saint et juste. Le diable va chercher à l’enlacer par ses ruses et ses mensonges afin de le faire tomber. Il s’efforcera de le faire sortir du sentier de l’obéissance. Mettons-nous en garde contre une erreur fatale et qui n’est que trop courante. Satan est un être personnel et non une simple influence. Si c’en était une, d’où viendrait-elle ? Serait-ce Dieu qui tenterait ? « Dieu ne peut être tenté par le mal, et lui ne tente personne » (Jacq. 1:13). Serait-ce l’esprit ou l’imagination de Jésus qui Lui aurait présenté des pensées propres à le séduire ? Ce serait un blasphème de le prétendre. Il était sans péché, sans aucun mal en Lui, le Saint par excellence, le seul sur qui le ciel pût s’ouvrir, le bon plaisir du Père. Non ; la tentation, les suggestions au mal, pour Jésus, comme pour le premier homme, venaient de cet être subtil et énergique en qui se concentre toute la puissance du mal, l’adversaire de Dieu qui veut entraîner avec lui dans la rébellion contre Dieu tous ceux qui sont susceptibles de céder à son action malfaisante.

Différence entre la tentation pour nous et pour Jésus

Pour nous, pécheurs de naissance, en qui la convoitise existe, la tentation vient du dedans : « Chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise ». Satan trouve ainsi une entrée en nous ; il a en nous un auxiliaire. Il agit sur nous par nos convoitises, se servant des choses extérieures pour les exciter. L’imagination des pensées de notre coeur est mauvaise ; elle se comptait dans les vanités et les passions coupables ; l’orgueil aussi qui nous est naturel cherche sa satisfaction. Pour Jésus, rien de semblable. Lui, l’être saint dès sa naissance, n’avait en Lui aucune convoitise, quoi qu’on ait pu dire, car la convoitise est péché. Il n’y avait chez Lui aucune propension au mal. Aussi la tentation, pour Lui, venait-elle tout entière de dehors. On ne peut dire de Lui « attiré et amorcé par sa propre convoitise ». Mais Satan vient vers Lui, le second Homme, pour voir s’il réussira, comme avec le premier homme, à faire entrer en Lui une pensée de doute, de volonté propre ou d’orgueil, et il ne trouve en Jésus qu’obéissance parfaite et entière dépendance de Dieu.

La tentation n’en est pas moins réelle. Jésus, par trois fois, est sollicité par l’esprit du mal ; et ces suggestions de l’ennemi devaient être pour Lui infiniment douloureuses. En ce sens aussi, ne peut-on pas dire qu’il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes ? (Hébr. 5:8). Elles Lui ont été douloureuses à un point que nous ne pouvons que difficilement imaginer, car plus un être est pur, plus le contact avec le mal, alors même qu’il le repousse, lui est pénible. Nous, dans notre état naturel, nous éprouvons un attrait pour le mal lorsqu’il se présente : il trouve en nous une réponse à cause des convoitises qui sont au fond de notre être. Je sais qu’il est des natures délicates et pures, si j’ose dire ainsi, à qui le mal moral est odieux et duquel la vue les fait souffrir. Mais même pour ces personnes, il y a des choses qui ne sont pas de Dieu, et pour lesquelles elles éprouvent de l’attrait. Mais lorsqu’une âme possède la vie divine, et à mesure qu’elle se développe en elle, elle souffre de l’approche et du contact du mal, de plus en plus elle en a horreur. Que devait-il en être pour Christ, chez lequel, comme homme, la vie divine était suprême, en qui il n’y avait rien en dehors de cette vie ? Quelle souffrance intense ne devait-il pas ressentir quand l’esprit du mal s’approchait de Lui (Matth. 4:3), et cherchait à le faire sortir du chemin de la sainteté, par la désobéissance et l’action de la volonté propre ? Oui, vraiment « il a souffert, étant tenté » (Hébr. 2:18).

 La tentation : les participants, l’enjeu

Quelle scène que celle qui se passe au désert ! Qu’elle est grande cette lutte qui va avoir lieu dans la solitude, loin des yeux des hommes, sous le regard de Dieu ! Que sont à côté d’elle les misérables conflits des hommes ? Il s’agit de savoir qui l’emportera, de Satan ou du second Homme. Satan connaissait bien cet homme que l’Esprit conduisait au désert. Il n’avait pas ignoré sa naissance et les circonstances qui l’accompagnèrent. Il avait reconnu dans l’enfant qui naissait à Bethléhem, Celui qui avait été annoncé en Éden, « la semence de la femme » qui devait annuler sa puissance. Fidèle à son rôle d’adversaire qui veut traverser et anéantir les desseins même de Dieu, il avait tenté de faire disparaître l’enfant de Marie. Le dragon revêtu des insignes de la puissance terrestre s’était tenu là, dans la personne d’Hérode, dont il excitait les craintes et les passions cruelles, pour dévorer le Fils qui naissait à Israël (Apoc. 12:1-4 ; És. 9:6).

Trente ans se sont écoulés depuis ce premier effort de Satan, et Jésus, après son baptême, va au-devant de l’ennemi. Il n’y va pas poussé par sa propre volonté, mais conduit par l’Esprit. C’est Dieu lui-même qui le place en présence de l’adversaire. C’est pour être tenté par le diable qu’il est mené au désert. Cette lutte était nécessaire. Il fallait montrer à l’homme fort un plus fort que lui. Homme parfait et Fils bien-aimé du Père, Jésus va entrer dans son rôle de Libérateur. Pour cela, il doit manifester qu’il en a les qualités, les vertus, la puissance, et nous faire voir comment, en marchant sur ses traces et nous attachant à Lui, nous pouvons aussi vaincre dans la tentation.

Le diable tenait dans ses chaînes l’homme pécheur. L’homme, en voulant se rendre indépendant de Dieu, était devenu l’esclave de Satan ; il avait été vaincu et asservi dans la personne du premier Adam. Christ, le dernier Adam, venait pour vaincre et lier l’homme fort, le diable, pour piller ses biens et mettre ses captifs en liberté. Satan n’ignorait pas ce qui s’était passé au baptême de Jésus ; comment Dieu avait déclaré : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé », et comment l’Esprit Saint était descendu sur Celui en qui Dieu trouvait son plaisir. Néanmoins il ne recule pas devant la lutte. L’audacieux rebelle, celui qui avait dit : « Je monterai aux cieux, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles du Dieu Fort… je monterai sur les hauteurs des nues, je serai semblable au Très-haut » (És. 14:13, 14), espère vaincre le second Homme, comme il a vaincu le premier. Il y emploiera toutes ses armes, ces séductions qui lui ont si bien réussi en Éden.

Comme je vous l’exprimais, mon cher ami, quelle scène à contempler quand nous connaissons les deux acteurs qui s’y présentent ! Combien il est important pour nous d’en saisir la grandeur et les résultats. D’un côté, c’est le Fils de Dieu qui s’est abaissé jusqu’à devenir un homme et qui apparaît dans la faiblesse de l’humanité ; de l’autre, c’est le chérubin tombé, autrefois parfait en beauté, établi dans la sainte montagne de Dieu, plein de sagesse (Ézéch. 28:12-15), mais dont l’orgueil a causé la chute, qui est devenu une puissance spirituelle de méchanceté, et dont la sagesse a été changée en un arsenal redoutable de ruses et d’artifices. Il ne craint pas de lutter contre Dieu, et s’il n’a pas l’espoir de recouvrer la haute position qu’il avait, ni de s’asseoir sur un trône aussi élevé que celui du Très-haut, il essaiera du moins d’entraîner dans sa chute Celui qui a droit à ce trône.

Je ne reviendrai pas sur les circonstances dans lesquelles la lutte a lieu. Je vous ferai seulement remarquer encore une fois que ce n’est pas en suivant une impulsion propre que Christ va au désert pour rencontrer l’ennemi. Moïse, autrefois, suivit le mouvement de sa propre volonté, d’un coeur généreux, dirait-on, lorsqu’il tua l’Égyptien, croyant montrer à ses frères que Dieu les délivrerait par son moyen. Il en est autrement de Christ, l’homme parfait. Il va, poussé par l’Esprit, afin de subir la tentation. Il est, par excellence, l’homme spirituel, rempli de l’Esprit, agissant par l’Esprit sans rien de la chair, et l’Esprit de Dieu, Dieu lui-même, le conduit dans le chemin où il remportera la victoire, le chemin de l’obéissance, celui où Jésus est entré dès sa venue dans ce monde.

Jésus pouvait-il succomber ? Pourquoi la tentation

On a soulevé cette question : Jésus pouvait-il être vaincu dans la lutte ? À quoi bon la poser ? L’important n’est-il pas de savoir qu’il a vaincu ? Et pouvait-il en être autrement ? Il était venu pour détruire les oeuvres du diable ; le dessein de Dieu en l’envoyant pouvait-il être annulé ? D’ailleurs cette question revient à celle-ci : « Jésus pouvait-il pécher ? » Et le coeur chrétien recule d’horreur devant une pareille supposition. Elle est blasphématoire. Quelle entrée Satan pouvait-il trouver en Lui ? Y avait-il le moindre défaut à sa cuirasse de sainteté ? Que pouvait l’ennemi contre cet homme parfaitement obéissant, dont toutes les pensées étaient en entière harmonie avec celles de Dieu, dont la communion avec son Père était sans intermittences (car il était sans péché), et dont la soumission à la parole divine était absolue ? La convoitise pouvait-elle exister en un pareil coeur ? Le désir de dominer et l’orgueil pouvaient-ils y élire domicile ? L’amour pour Dieu, Dieu lui-même le remplissait, comment y aurait-il eu place pour un autre objet, pour un autre sentiment ? Remarquez qu’en tout cela je parle de Christ homme.

Alors, objectent ceux qui pensent que Jésus eût pu succomber dans le combat contre Satan, à quoi bon la tentation ? Elle sert d’abord à montrer ce qu’était Jésus, à faire voir en Lui le second Homme, le vainqueur de l’adversaire, le Libérateur de l’homme placé sous la puissance du diable ; elle a eu pour but de lier l’homme fort pour le temps de la vie de Christ ici-bas, en attendant qu’il fût définitivement vaincu à la croix ; ensuite, elle nous enseigne, lorsqu’une fois nous sommes délivrés, comment, à notre tour, nous pouvons déjouer les ruses de l’ennemi et le vaincre. La difficulté pour ceux qui posent l’objection vient de ce qu’ils ne saisissent pas l’immense différence entre nous et Jésus homme ; nous, pécheurs ayant le péché pour fond de notre nature morale, et Jésus « sans péché », tenté, éprouvé de toutes manières, sans doute, mais toujours « à part le péché ». On voudrait assimiler Jésus à ce que nous sommes, ou nous assimiler à Lui ; l’un et l’autre sont inexacts. On continue en disant que si Jésus n’a pas eu la possibilité de pécher, ou s’il n’a pas ressenti la tentation comme nous, il ne peut pas sympathiser avec nous dans nos tentations. La possibilité de pécher n’a rien à faire dans la question. La tentation ne pouvait se présenter à Lui comme à nous, car il n’y avait pas de convoitise en Lui ; il n’y avait dans son coeur aucun désir qui ne fût en harmonie avec la sainteté dont il était revêtu. Jamais dans sa vie d’enfant, de jeune homme ou d’homme fait, il n’y eût d’attrait pour ce qui nous séduit si aisément. Il n’y avait place en Lui que pour Dieu seul. Cela l’a-t-il empêché de sentir ce qu’est la tentation ? Nous avons vu que non. Cela l’empêche-t-il de sympathiser avec nous quand nous sommes tentés ? Nullement. Il sympathise avec nous dans la souffrance que nous cause la tentation dans la lutte que nous soutenons, et nous aide dans notre faiblesse. Mais il ne saurait sympathiser avec nous si nous cédons à la convoitise et si nous péchons. Il peut dans ce cas être notre Avocat auprès du Père.

Jésus, modèle pour la victoire

Il faut, mon cher ami, nous bien souvenir de ce que Jésus est venu accomplir en notre faveur. Il vient d’abord pour nous sauver en expiant nos péchés ; puis il nous donne la vie et l’Esprit Saint, puissance de cette vie, pour habiter en nous, et ainsi assimilés et unis à Lui dans une vie et une condition nouvelles — bien qu’ayant toujours la chair en nous, ce que Lui n’eut jamais — nous entrons dans la lutte. Alors pour vaincre le monde, la chair et Satan, quand nous sommes tentés, nous avons à prendre exemple sur Lui, à employer les mêmes armes que Lui, et, dans ces combats, nous avons sa sympathie et son aide puissante. Il intercède sans cesse pour nous. Pour être ainsi notre Libérateur et notre Modèle, il fallait qu’il fût lui-même tenté, il fallait qu’il montrât par sa victoire que Satan n’avait rien en Lui (Jean 14:30) et que Lui, Jésus, était plus fort que l’adversaire.

Dans les deux premières tentations rapportées par Matthieu, Satan s’appuie sur la déclaration divine : « Tu es mon Fils bien-aimé ». Il veut soulever un doute dans l’esprit de Jésus quant à la réalité de cette parole et le pousser à éprouver si elle est vraie. Il joue le même rôle qu’en Éden, lorsqu’il dit à la femme : « Quoi ! Dieu aurait-il dit ? » Faire douter de la parole divine est le grand coup qu’il porte, car si l’on cède à cette suggestion, l’arme, l’épée de l’Esprit est brisée entre nos mains. Jésus laisse de côté cette tentative maligne de l’ennemi. Il sait ce qu’il est, parce que Dieu l’a dit et n’a pas besoin d’une confirmation. Pour nous, si Satan veut nous faire douter de la réalité de notre relation avec Dieu, quand nous avons cru et que nous sommes sauvés, nous n’avons aussi d’autre ressource que la Parole qui nous affirme : « Nous sommes maintenant enfants de Dieu ».

Des trois tentations par lesquelles l’ennemi attaque Jésus, la première s’adresse à son caractère d’homme qui a des besoins inhérents à sa nature et légitimes à satisfaire — il a faim. Ensuite, c’est à son caractère de Messie — il doit manifester son droit d’une manière éclatante. Enfin, c’est à son caractère de Fils de l’homme — comme tel il doit hériter de toutes choses ; Satan veut les Lui donner. On voit en même temps que ce qui excite les trois convoitises mentionnées en 1 Jean 2:16, est présenté à Jésus comme à Ève dans le jardin d’Éden. Mais quelles que fussent les tentations par lesquelles Satan s’efforçait de le faire sortir du chemin de l’obéissance et de la dépendance envers Dieu, Jésus les repousse comme un homme peut et doit les repousser, par la soumission à la parole de Dieu. Il n’use d’aucune autre arme que de l’épée de l’Esprit. Il se montre ainsi l’homme parfait : la soumission à Dieu est la perfection de l’homme. Dans la tentation et son issue se fait donc voir en Christ la perfection de son humanité. Car, remarquons-le bien : Jésus, pour repousser Satan et le vaincre, n’use en rien de la puissance divine qu’il possède comme Fils de Dieu. Il en réfère toujours comme un homme aux Saintes Écritures, à ce que Dieu a dit ; il ne sort point de cette position inexpugnable, et Satan doit céder le terrain. Le second Homme en reste maître. Il n’en a pas fini avec l’ennemi ; Satan se retire de Lui pour un temps (Luc 4:13). La puissance des ténèbres reviendra à la charge à la fin de la carrière terrestre de Christ ; la même arme — la soumission à la volonté de Dieu — Lui fera remporter une seconde victoire. « Père », dira-t-il, « que ta volonté et non la mienne s’accomplisse ». Mais pour le moment, Jésus, ayant lié l’homme fort, peut entrer dans son ministère de grâce et délivrer les captifs de Satan.

S’il plaît à Dieu, mon cher ami, ma prochaine lettre vous parlera de la personne de Christ et de son service au milieu des hommes.

par AJAL (Adrien Ladrierre, principalement)

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